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Critique de Les Tortues Ninja #7

par Ben-Wawe le mer. 6 août 2025 Staff

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La poursuite d'un run marquant et cohérent, avec des rebondissements bien amenés pour des Tortues éparpillées puis sauvées par un esprit de famille qui va laisser des traces

HiComics est l'éditeur français des titres TMNT / Les Tortues Ninja publiés en version originale par IDW. Celui-ci s'est lancé en 2011 dans de nouvelles productions liées aux fameux chevaliers d'écaille et de vinyle, avec un succès grandissant et mérité pour des épisodes et sagas qui ont sincèrement et durablement marqué les lecteurs par leurs qualités reconnues.
Alors que la franchise créée en comics en 1984 a été déployée sur quantité de formats, des évidentes séries animées aux films et jeux-vidéos, la version engagée et poursuivie encore par IDW depuis plus de quatorze ans apparaît en effet comme la plus cohérente, la plus dynamique et en soi la plus réussie des essais précédents, souvent intéressants mais avec du yoyo de sorties et qualités.
Cette version doit ce succès critique et public à un travail sérieux sur l'adaptation des divers éléments de base et des apports d'autres médias, mais aussi à l'implication de Kevin Eastman (l'un des co-créateurs, avec Peter Laird qui a pris ses distances avec le titre depuis 2014) et de Tom Waltz, le scénariste principal pendant 100 épisodes, sans se répéter et sans perdre de vue un intense plan d'action.
HiComics a repris le titre en France depuis 2018, proposant des éditions de qualité, régulières et fort bien présentées pour le lecteur. Et depuis 2023, le public a droit à des intégrales, avec ici la septième qui est proposée après de terribles événements en comics.

Mais de quoi parle Les Tortues Ninja – L'intégrale 7 ?
Le volume contient les épisodes 51 à 64, qui poursuivent la série après le sommet du fameux numéro 50. Celui-ci a vu Splinter tuer Shredder, son ancien ami devenu une menace pour la ville et sa famille en menant violemment le Clan Foot. Et à la surprise générale, Splinter a décidé de prendre le contrôle du Clan Foot.
Leonardo devient son chûnin (ninja mature et meneur de troupes), Raphael erre et grogne mais reste dans les rangs, alors que Michelangelo se détourne de ses frères par rejet d'une telle adhésion. Leur alliée Apolex devient entraîneuse du Clan Foot, tandis que Donatello a retrouvé un corps organique avec l'aide d'Harold Lija, du robot Fugitoide et d'un mystérieux intervenant sur l'île de Burnow, où il travaille pour ranimer les Utroms, membres de la race de Krang. April O'Neill et Casey Jones sont au bord de la séparation après un voyage exotique pour comprendre la famille mystique de la prisonnière Kitsune, qui prépare son évasion du Clan Foot et de Splinter. Celui-ci doit aussi gérer les troubles de Jennika, une Assassin zélée, ainsi que de nouveaux criminels : les Fantômes des Rues, capables de phaser entre les murs ! Et les Mutanimaux posent aussi quelques problèmes de leurs côtés, avec des échanges crispés dans la fratrie des Tortues au vu de tels défis !

On le comprend, le scénario façonné par Kevin Eastman, Bobby Curnow (l'éditeur) et Tom Waltz est particulièrement dynamique, prenant et diversifié. Le trio poursuit pleinement le rythme entamé précédemment, qui ne laisse jamais de répit au lecteur et multiplie les événements, épreuves et drames pour les Tortues.
Celles-ci bénéficient cependant de quelques moments apaisés et réconfortants, comme ces retrouvailles d'abord entre Raphaël et Michelangelo, puis cette réunion fraternelle autour d'une bonne vieille pizza. Et c'est beau, et ça fait du bien, et c'est l'esprit Tortues, qui évolue entre grandes batailles, bons mots et jolis instants entre frères.
Le rythme est ainsi un point fort et primordial du titre, avec une volonté constante de poursuivre les événements, d'en préparer des nouveaux rendu logiques par une interconnexion globale. Un bon sentiment de plaisir et de satisfaction en découvrant ainsi ces enchaînements logiques, et cela demeure un aspect fondamental d'une lecture agréable car très prenante.

En outre, la qualité de ces rebondissements et interactions est extrêmement bonne.

En effet, ces nombreux épisodes embrassent plusieurs sagas, plusieurs intrigues qui se lient aisément, mais sont en elles-mêmes très justes. Les premiers numéros sont une sorte de « débriefing » du numéro 50, avec l'avancée sur les Fantômes des Rues, puis un bon moment sur les Mutanimaux, hélas pas aussi idylliques qu'ils semblent l'être.
La plongée dans l'enfer de l'île de Burnow est particulièrement marquante, oppressante et crispante, avec un adversaire impressionnant qui fait froid dans le dos, et des interactions complexes avec les Utroms.
La lutte ensuite contre les manipulations et possessions mystiques avec Kitsune est une alternative bien amenée, qui s'achève sur la révélation d'un Splinter efficacement fourbe, mais qui choque les siens.
Et la conclusion termine le cas des Fantômes de Rues, avec cependant des actes validés par Spinter qui vont laisser de terribles traces, notamment dans son discours à Leonardo.

Tout cela fonctionne également car les scénaristes maîtrisent leurs personnages, leurs dialogues et leurs essences. Les quatre Tortues sont très bien caractérisées, avec des épreuves qui les font changer, se positionner et réagir de manière logique, bien que parfois déchirante pour eux et leurs proches.
Surtout, les histoires n'oublient pas les autres personnages, et cela participe pleinement à la réussite de la série. Splinter sort complètement de son aura habituelle de vieux sage sympathique, pour s'emparer du rôle de Maître du Clan Foot, avec la malice et la froideur ainsi exigées. April et Casey vivent des moments lourds, humainement touchants et des décisions tranchées. Tandis que le Fugitoide et Harold sont marquants dans leurs épreuves, et de bons opposants, parmi les Mutanimaux ou sur l'île de Burnow.
Il n'y a guère que les Fantômes Masqués qui sont un peu moins intenses, mais ils servent finalement à acter un changement fort dans la dynamique globale, donc remplissent bien leur office.

Un scénario donc fort, très prenant, très dynamique, très fluide, via des sagas bien menées et diversifiées, et des personnages très bien animés.

Avec un graphisme d'une qualité homogène, sans forcément d'énormes brillances graphiques, mais un niveau fort correct et efficace. Kevin Garing (pour deux épisodes), Michael Dialynas (pour trois autres), Mateus Santoluco (pour trois également) et Dave Wachter (pour six numéros) se partagent ainsi les épisodes, avec une homogénéité globale et agréable.
En effet, si aucun de ces dessinateurs ne livre une prestation qui explose la rétine, aucun ne commet de faute graphique, et tous rendent des épisodes efficaces, dynamiques, lisibles, avec des narrations maîtrisées et plusieurs jolies images. Mention spéciale à l'ambiance oppressante de l'île de Burnow, bien rendue dans le graphisme et les couleurs.

En bref

La 7e intégrale des Tortues Ninja chez HiComics est une nouvelle réussite. Surfant sur les acquis d'un très grand run comics, la série s'intensifie, multiplie et diversifie ses intrigues, en amenant son lot d'action, de surprises et drames autant globaux que familiaux. Une lecture très dynamique et prenante, efficacement graphiquement, dans un joli écrin fort bien façonné par un éditeur consciencieux.

9
Positif

Le rythme et le dynamisme d'histoires très fluides et prenantes.

La qualité des interactions entre personnages, qui évoluent avec logique, hélas pas toujours comme nos petits cœurs le souhaiteraient.

La saga sur l'île de Burnow, oppressante à souhait.

Negatif

Un léger manque de résumé plus important sur les épisodes précédents, pour quiconque tombe sur le volume sans tout connaître par cœur.

Un graphisme sympathique et efficace, mais « pas brillant ».

L'envie vite de lire la suite !

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