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Critique de Les Tortues Ninja #8

par Ben-Wawe le lun. 24 nov. 2025 Staff

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Belle réunion de plusieurs sagas connexes à la série principale, pour nourrir et creuser les Tortues Ninja et leur riche univers, avec profondeur et quelques délires

HiComics poursuit la republication des comics de la série principale TMNT / Tortues Ninja lancée en 2011 par l'éditeur américain IDW, via ces Intégrales de fort belle facture. Le format souple est agréable à la lecture, et permet d'intégrer quantité d'épisodes, avec ici quasiment quatre cent pages de comics dynamiques, entraînants et très diversifiés, parce que ce volume rassemble plusieurs numéros issus de plusieurs origines pour un panorama surprenant et efficace.
En effet, HiComics fait une parenthèse après l'Intégrale 7 qui proposait les épisodes 51 à 64 (cliquer ici pour le lien). L'éditeur livre ici les cinq numéros de la mini-série Bebop et Rocksteady, puis treize chapitres issus de la série TMNT Universe, qui a enrichi l'univers des Tortues Ninja entre 2016 et 2018.
Nous avons ainsi un volume qui diverge de la saga principale, mais qui vient amener plusieurs éclairages passionnants et réussis sur les Tortues Ninja, leurs proches et leur environnement, pour une parenthèse agréable, prenante et efficace, qui aura également des conséquences à court et moyen terme. Du bon et du beau, donc !

Mais de quoi parle Les Tortues Ninja – L'intégrale 8 ?
De plusieurs récits, ainsi, avec deux sagas principales et plusieurs petits ajouts bienvenus à la mythologie des Tortues Ninja.

La première partie vise la mini-série Bebop et Rocksteady, où les deux hommes de main et Mutants brutaux, violents et bêtes provoquent des catastrophes en chaîne dès qu'ils obtiennent un Sceptre du Temps, dérobé à Savanti Romero. Ce dernier est un ennemi des Seigneurs du Temps et de Renet, la jeune femme alliée des Tortues Ninja qu'elle croise dans un musée où ils découvrent une momie (de Renet âgée, morte à la Préhistoire...) et des squelettes de Bebop et Rocksteady (eux aussi décédés jadis). Quantité de rebondissements dingues et intenses s'enchaînent alors, avec les deux créatures bêbêtes faisant alliance avec leurs versions plus jeunes et humaines, puis avec d'autres eux-mêmes, tandis que Renet et les Tortues tentent de limiter la casse.
Les scénaristes Ben Bates & Dustin Weaver se lancent, sur cinq épisodes, dans une course-poursuite fun, légère mais aussi complètement délirante. Certes, ils parviennent à donner un peu de sérieux lors des passages avec Renet et les Tortues, mais ils s'amusent et ils se lâchent complètement avec Bebop et Rocksteady, qui accumulent les bêtises, les actes stupides et les bagarres, en jetant constamment la faute sur l'autre. Dingue et toujours surprenant.
Graphiquement, l'ensemble est plutôt joli et efficace, avec des traits clairs et agréables, et quelques variations de styles bienvenues lors de divers voyages temporels. L'ensemble est réalisé par Sophie Campbell, Dustin Weaver, Ben Bates, Giannis Milonogiannis, Damian Couceiro, Pablo Tunica, Nick Pitarra, Ben Tiesma, Tadd Galusha, Aaron Conley et Ryan Browne, tout en conservant quand même une cohérence graphique, chapeau !
Un bon gros délire, assez intense à encaisser mais fun à suivre.

La suite concerne la saga La guerre qui vient, où les Tortues Ninja suivent April O'Neil alors qu'elle vient proposer une alliance pour eux à Baxter Stockman dans son immeuble. Mais la soirée prend une tournure dramatique quand Zodi, la femme-scorpion Mutanimale envoyée par Madame Null, vient provoquer des dégâts et met le feu aux poudres avec la Force de Protection de la Terre. L'agent fédéral Bishop, acharné et enragé envers les Mutants, engage une attaque directe des autorités humaines sur les Tortues, Zodi et Stockman, qu'importe les risques et les dégâts. Nos héros doivent supporter un siège, et chercher à y survivre tout en essayant de collaborer avec une Zodi prête à tuer et Stockman qui demeure ambivalent.
Le scénariste Paul Allor livre un récit intense, âpre et prenant. Il montre pleinement la brutalité d'un siège quand les Tortues le subissent en milieu hostile, et son écriture rend fort bien les aléas et troubles de chaque personnage, avec chacun déchiré entre son allégeance de base et les alliances difficiles de circonstances. Nos héros sont eux-mêmes partagés, avec un Raphaël brut et agressif qui s'en explique avec émotion en fin de saga, et une Zodi intéressante bien qu'un peu survolée en l'état. Il est aussi agréable de plonger dans les dialogues et postures de l'agent Bishop, un Humain zélé et violent mais qui, en soi, veut uniquement défendre à l'extrême ses contemporains.
Graphiquement, Damien Couceiro illustre l'ensemble dans un style fort agréable et efficace. Il a une approche crue et directe des confrontations, et il gère bien les ombres et les bagarres. Ses personnages dégagent aussi de bonnes émotions, et son trait est en soi joli.
Un récit intense, étouffant, intelligent et très réussi pour ces quatre numéros denses.

Plusieurs petits chapitres suivent ainsi, déconnectés entre eux mais de qualité.
Kevin Eastman, Bobby Curnow & Tom Waltz plongent dans un combat intérieur de Leonardo, qui doute de lui et de ses capacités de meneur, avant de sortir vainqueur de son affrontement intime. C'est sobre, déjà-vu mais réussi, avec un beau portrait du personnage, via des dessins intenses et agréables de Bill Sienkiewicz, qui a néanmoins fait plus fort dans l'expérimentation.
Les mêmes scénaristes s'amusent ensuite à montrer l'organisation d'une fête de Noël par Michelangelo, alors que les Tortues se sont séparées de Splinter qui dirige le Clan Foot. Ce qui devait être une soirée intime tourne à la grande fiesta entre amis divers et variés, dans un beau moment de partage et une belle image familiale finale. Un beau moment, avec de jolis dessins de Mateus Santolouco, aux traits très ronds et chaleureux.
Chris Mowry scénarise ensuite la rencontre, la veille de Noël, de Leatherface et Hob, dans un entrepôt où des combats illégaux de chiens sont organisés. Même si Hob veut s'en faire un allié, Leatherface le rejette car ils ont tous deux des buts différents pour stopper cet événement honteux. Un chapitre brutal, direct, bien écrit et aride, avec des dessins corrects et sombres de Michael Dialynas.
Nick Pitarra & John Lees plongent ensuite Michelangelo dans les égouts, où il aide une policière à chercher son beau-frère, agent d'entretien ayant disparu. Ils découvrent l'entité Wyrm, faites de vers amoncelés ensemble par le Mutagène, et qui vole des choses et des gens pour se sentir moins seule. Un segment brut, intense, étouffant et paranoïaque, avec une menace terrible et un Mike paumé mais acharné à s'en sortir, avec des dessins détaillés, réussis et terrifiants de Nick Pitarra.
Kevin Eastman, Bobby Curnow & Tom Waltz s'associent à Sophie Campbell pour montrer comment Raphaël et Angèle cherchent Alopex dans le Grand Nord, après sa fuite à cause de Kitsune. Raphaël exprime clairement les raisons de son attirance pour Alopex et vient l'aider physiquement et mentalement, dans un beau petit récit de cohésion, de lien amoureux mais aussi de reconstruction personnelle. Le tout avec les forts beaux dessins de Sophie Campbell, très élégants.
La même Sophie Campbell livre ensuite un extrait de rêves de Pepperoni, la petite créature liée à Raphaël. Un beau segment graphique, mais au scénario hélas trop limité.
Brahm Revel écrit et illustre ensuite un rappel historique sur les ninja et le ninjutsu, avec la grandeur et la décadence des ninja dans le Japon féodal puis moderne ; et en parallèle, le parcours de celle qui semble appelée à devenir Jennika dans sa vie personnelle jusqu'au Clan Foot de Maître Splinter. Un bon rappel historique, quoiqu'un peu bavard en soi et joliment dessiné.
Enfin, Ryan Ferrier revient sur Tête de Métal, le robot dans lequel Donatello a été pendant quelques temps. Donnie le réactive et découvre que son esprit a été copié dans l'androïde, créant un double mécanique de lui-même. Si Donnie est enthousiaste, Métal Donnie vit très mal cette situation et son existence dégradée, entraînant bien vite des dérapages avec les autres Tortues et leur environnement. Un récit dur, direct, qui revient sur un bon point de continuité mais livre un final déchirant avec un bon propos, et des dessins dynamiques d'Adam Gorham.

En bref

La huitième intégrale de HiComics diverge de la republication de la série principale, pour proposer des mini-séries et récits qui enrichissent l'univers des Tortues Ninja. L'on pourrait penser que ceux-ci n'ont rien d'indispensable, mais ils sont tous de haute qualité, avec plusieurs thèmes et orientations qui permettent une lecture diversifiée et prenante, alors que l'environnement global s'en trouve renforcé. Un incontournable pour les fans, avec aussi de réels apports pour la suite de la saga, et donc une place légitime dans une intégrale, ici de belle et bonne qualité une fois de plus.

8
Positif

Des récits diversifiés, avec plusieurs thèmes et orientations.

Une qualité globale hétérogène, mais un niveau de base très haut et quasi un sans-faute dans la production.

Le récit La guerre qui vient, très fort et étouffant, mais bien équilibré par le délire de Bebop et Rocksteady.

Negatif

L'accumulation de plusieurs petits épisodes amène plus à lire l'intégrale en picorant peu à peu, qu'à tout dévorer d'un coup.

Peut-être un peu trop de délires et de dingueries pour Bebop et Rocksteady.

Des récits diversifiés de qualité, mais qui partent sur plusieurs orientations qu'il est parfois difficile de resituer dans le temps de la saga.

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