Une bonne réorientation du titre sur les fondamentaux de Spawn, avec une action violente bien menée et une gestion efficace d'un suspense classique
Delcourt poursuit la publication des comics de la franchise de Spawn, en assumant sur le fond et sur la forme les grands changements impulsés dans Spawn Renaissance Tome 16 par Todd McFarlane, toujours à la manœuvre et toujours inspiré.
En effet,cet univers a profondément évolué avec Spawn n°350, où la quête pour déterminer qui va devenir le nouveau Roi des Enfers a pris fin. Cette intrigue a fait jusque-là l'objet de la série King Spawn, avec ici cinq volumes montrant les sales coups de chaque camp pour s'approcher du trône infernal, et les actions brutales d'Al Simmons pour les stopper (cliquer ici pour la critique du Tome 5).
Comme découvert dans Spawn 2025 (cliquer ici pour la critique), le nouveau monarque des Enfers est Nyx, jeune femme connue comme Carrie Andrews dans Spawn n°122 et qui pratique la Magie comme acolyte de Spawn. Son destin a été contrarié et intense, et c'est Al Simmons qui l'oriente vers le trône infernal récemment. Mais Nyx a pris ses propres dispositions, et elle a étendu l'effet des Zones Aveugles sur toute la Terre, pour couper les créatures célestes et infernales de leurs super-pouvoirs et des accès à leurs mondes... et cela concerne aussi Spawn et ses proches !
King Spawn 2024-2025 montre donc comment cette série dérivée traite un Al Simmons sans pouvoir, avec « uniquement » son immense expérience de soldat émérite et quasi invincible. Mais surtout, ce tome poursuit la nouvelle politique d'édition de Delcourt, qui cumule en un grand volume douze épisodes qui se suivent (souvent sur une année civile, mais pas forcément) et qui offrent le début, le milieu et la fin d'intrigues qui prennent plus de sens et plus de force dans une telle unité de diffusion.
Un bon choix de cohérence, mais aussi une bonne offre en termes de qualité/prix dans la difficile période actuelle.
Mais de quoi parle finalement King Spawn 2024-2025 ?
Nous sommes plusieurs semaines après la fermeture des Zones Aveugles et la disparition des super-pouvoirs des camps du Paradis et de l'Enfer. Les Vampires du meneur Bludd terrifient les survivants, alors que quelques-uns tentent encore de s'accrocher à leurs vieilles habitudes et leurs espoirs déçus.
Al Simmons mène, lui, une quête personnelle et brutale, pour retrouver une proche enlevée par un groupe d'Anges renégats et sans pouvoirs, qui veulent attirer Spawn pour le vendre à Bludd afin d'entrer dans ses bonnes grâces. Ils ont ainsi kidnappé Mamie Blake, la grand-mère aveugle et douce de Wanda, l'ex-femme d'Al. Et alors que son ami Terry Fitzgerald se fait tirer dessus en parallèle, Spawn mène une vendetta pour remonter la piste de ses ennemis, en multipliant les attaques... et les surprises.
Al s'ouvre aux autres, sollicite l'aide d'un Bricoleur mais aussi d'une étonnante créature déjà vue dans cet univers pour confronter ses adversaires. Cela lui permet de taper dur, tout en récupérant aussi un atout de son ennemi principal. Simmons entend appliquer les préceptes de l'oeil pour œil, dent pour dent... proche contre proche !
On le comprend, King Spawn 2024-2025 replonge avec intensité, efficacité et brio dans les fondamentaux de la franchise.
La lecture de ce tome peut amener une certaine curiosité, car ce titre a bien été créé pour mener les personnages sur cette quête du nouveau dépositaire du trône infernal. Maintenant que cet aspect a été réglé, ailleurs, la série aurait pu s'arrêter... mais les scénaristes Todd McFarlane & Rory McConville réorientent intelligemment le titre sur les bases de l'univers global.
L'on a ainsi un Al Simmons en colère, bien décidé à s'en prendre à des ennemis obscurs, organisés mais arrogants, qui lui ont pris quelqu'un. Cela ressemble pleinement à quantité d'autres histoires des séries autour de Spawn, mais cela fonctionne fort bien car... c'est littéralement l'ADN de Spawn, de traiter cela !
Surtout, cela peut bien plaire car l'ensemble est finalement une intrigue simple, mais pas simpliste, qui permet de respirer et de se remettre, autour de la fin de la quête du trône infernal, que des cinq tomes précédents, qui multipliaient les complots passionnants mais obscurs.
La lecture est ainsi rafraîchissante, mais bien prenante également, avec une belle remontée d'Al vers ses ennemis, et quelques essais de narration, comme un épisode raconté à rebours qui se lit de chaque côté efficacement.
En outre, c'est un bon pendant de Spawn 2025, qui raconte les grandes manœuvres du Ciel et de l'Enfer pour retrouver leurs super-pouvoirs. L'on a plus ici les « petits niveaux », les « petites mains » de chaque camp qui veulent s'en sortir, avec même la déchirante histoire d'un Démon qui a tout perdu et veut se venger.
Graphiquement, l'ensemble correspond aux standards de l'univers de Spawn, avec des styles différents mais concordants.
Jeremy Haun (sur le n°31) et Javi Fernandez (sur les n°32 et 33) ont des styles proches et agréables, avec des encrages intenses et durs qui fonctionnent bien. Jason Shawn Alexander (sur les n°34 et 35) a un trait plus brutal et plus sec, qui sied au scénario proposé mais qui manque un peu de simplicité. Enfin, Yildiray Cinar (sur les n°36 à 42) a un dessin classique mais qui se glisse bien dans le glauque et les ombres de Spawn, en restant fluide et bien mené.
Une certaine unité graphique, donc, mais aussi quelques différences, pour rendre la lecture attrayante également sur ce point.
En bref
Après la fin de l'intrigue sur le trône infernal, King Spawn enchaîne avec une approche et une intrigue piles dans l'ADN de l'univers du Rejeton des Enfers. Pas de surprise ou de révolution, mais une bonne gestion du contexte d'un monde sans super-pouvoirs divins et démoniaques, avec un Al Simmons enragé pour retrouver une proche enlevée. Du bourrin, du violent, de l'intense, du mauvais esprit, de bons dessins... du bon, tout simplement !
Positif
Une intrigue pile dans l'ADN de la franchise, qui fonctionne bien et se lit fort bien.
Une bonne respiration simple mais pas simpliste après les complots obscurs présentés jusque-là.
Un graphisme cohérent et joli, mais avec quelques différences.
Negatif
Objectivement, une intrigue moins dense et élevée que les précédents tomes.
Une bonne histoire, mais rien qui ne construise réellement la mythologie de la franchise.
Agréable de voir la vision du monde via les « petites mains » de l'Enfer et du Paradis, mais les opposants manquent d'ampleur.








Laissez un commentaire
Commentaires (0)