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Critique de Sans même nous dire au revoir

par Miawka le ven. 18 nov. 2011

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Á l'image de sa couverture grise, montrant le dessin d'un quartier japonais trempé de larmes (sans doute celles du mangaka), Sans même nous dire au revoir plonge le lecteur dans une histoire triste, froide et mélancolique. C'est un récit autobiographique, une histoire dure, douloureuse, réalisée comme une sorte d’exutoire. Une façon de tourner la page, de laisser partir l'être aimé qui n'est déjà plus là. Kentarô Ueno nous raconte le moment où sa vie a basculée : la mort de sa femme. Mangaka humoristique, il laisse son genre de prédilection de côté pour se confier dans une œuvre intime. Il s'en excuse d'ailleurs auprès de nous, lecteurs français, qui le découvrons pour la première fois. « En réalité, j'aurai préféré que l'on fasse connaissance avec un manga plus joyeux, mais malheureusement, celui que vous tenez entre les mains est empreint d'une grande tristesse. ». Dessiné à chaud, peu de temps après le décès, l'auteur nous livre une plongée dans l'enfer qu'il a vécu. Car contrairement à ce que l'on pourrait croire, le pire dans le décès d'un être aimé n'est pas l'instant choquant où on le découvre, instant finalement fugace qui s'échappe de notre mémoire. C'est l'après. Formalités administratives, contact des proches, obsèques, tant d'étapes qui nous font lentement réaliser le vide laissé par l'être aimé. Continuer alors qu'une partie de soi s'est arrêtée, détachée de nous, semble insurmontable, impossible. Et pourtant, il le faut. Dans que l'on s'en rende compte, le temps passe. Déconnecté de tout, il faut réapprendre à vivre, retrouver un quotidien, s'accrocher. Kentarô Ueno le montre avec justesse : le deuil, pourtant si primordial, si important, ne se fait pas de suite. Il arrive sans prévenir, un an, deux ans plus tard, au moment où l'esprit se reconnecte à la réalité, au moment où l'on se sent à nouveau vivant. C'est une œuvre rare, marquante, intime, que nous livre l'auteur et Kana. Un petit bijou sans prétention... Cette chronique est dédiée à la partie manquante de nous-même, à nos être chers partis trop tôt.

En bref

Un livre bouleversant, unique.

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