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Critique de Les Tortues Ninja - TMNT Reborn #7

par Ben-Wawe le mar. 22 sept. 2026 Staff

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Une fin intense, prenante et complète pour la prestation scénaristique de Sophie Campbell, avec une première partie très réussie et une seconde plus brouillonne mais touchante

Quelques semaines après la sortie du tome Les Tortues Ninja – Armageddon Game (cliquer sur ce lien pour la critique complète), HiComics publie un joli septième volume de sa série Les Tortues Ninja – TMNT : Reborn, qui boucle le passage de la scénariste Sophie Campbell sur la franchise avec de bons bonus et une belle édition.
L'autrice est aux commandes du titre historique du n°101 au n°150, après la très longue prestation de Tom Waltz, et avant la reprise par le scénariste Jason Aaron. L'éditeur français a déjà lancé cette relance il y a un an (cliquer sur ce lien pour la critique complète), afin de proposer cette version plus en phase avec les attentes d'un lectorat qui a été divisé sur les propositions de Sophie Campbell.
Celle-ci a en effet une approche très intime, très intimiste, très personnelle, très mystique mais également très quotidienne des Tortues Ninja, en développant complètement le Quartier Mutant, les différents Mutanimaux mais aussi le fonctionnement « normal » de ce monde si proche et si différent. Elle a pleinement intégré Jennika comme cinquième Tortue, et l'on a pu légitimement pointer une mise en retrait de nos héros principaux, même s'ils demeuraient moteurs de l'intrigue.
HiComics publie ici un épisode Annual et les onze derniers épisodes de Sophie Campbell, pour achever ses intrigues en cours, après les événements de l'Armageddon enclenché par le Roi des Rats. Le présent tome est ainsi une suite directe du cinquième tome (cliquer ici pour la critique complète), car le sixième est un segment de l'Armageddon, mais aussi du volume prélude Armageddon Game : Ouverture & Alliance (cliquer ici pour la critique complète), où des éléments ont été disséminés pour préparer un final imparfait, bien que touchant et prenant.

Mais de quoi parle finalement Les Tortues Ninja – TMNT Reborn Tome 7 : Début, Fin, Eternité ?
Un épisode Annual montre nos chevaliers d'écailles et de vinyle vivoter dans leur ancien repaire, sans vraiment savoir quoi faire après les événements d'Armageddon. Ils sont cependant interrompus par un visiteur venu du futur, qui s'avère être un Raphaël âgé, blessé dans le déplacement temporel parce qu'un gigantesque requin préhistorique lui a dévoré le bras au cœur du flux temporel. Ce Raphaël considère que Donatello va « tuer tout le monde », mais il renonce finalement à le supprimer et se retire dans le Temps.
La première grande histoire de ce tome se concentre sur la vie des personnages dans le Quartier Mutant, où nos héros sont partagés entre leurs aspirations, leurs remords et leurs regrets. Des Mutanimaux sont agressés et tués, et il s'avère que le chirurgien Mutant fou Jasper Barlow est lié à cela, dans le cadre d'expériences sur les Ecailles de Dragon qui ont pour origine le Panthéon. Une confrontation brutale s'enclenche, avec Venus qui prend son indépendance vis-à-vis de son créateur et des choix forts faits par chaque Tortue pour son avenir. Alopex est également présente avec les Fouines, pour décider de leurs destins en ville... ou non.
Enfin, la dernière grande saga se concentre sur la fameuse menace incarnée par Donatello, qui est obsédé par les notes prises à sa version futuriste lors d'un voyage dans le Temps. Il découvre ainsi que l'Univers mais aussi sa famille sont menacés par Armaggon, un gigantesque requin préhistorique (qui a eu plusieurs approches dans les différentes versions des Tortues Ninja). Donatello, Venus et Bob (un Mutant formé par Leonardo mais dont la version futuriste attaque les autres héros) errent dans plusieurs époques pour comprendre comment le stopper, alors que chaque Tortue est confronté à ses propres démons. Donatello doit ainsi sauver l'Univers, mais aussi comprendre comment il pourrait devenir un monstre sans cœur, et menacer l'équilibre global par sa curiosité et son égoïsme...

On le comprend, cet ultime tome permet à Sophie Campbell d'achever ses grandes sagas, en se concentrant sur ses grands apports, ses grands thèmes, ses personnages fétiches.

Après un chapitre Annual scénarisé par Michael Walsh, qui rejoue le principe d'un héros qui voyage dans le Temps et une Tortue badass âgée (comme The Last Ronin, cliquer ici pour la critique du deuxième tome), Sophie Campbell règle la problématique de Jasper Barlow et achève la transformation complète de Venus mais aussi le destin des Ecailles de Dragon. Cela fonctionne bien, avec un grand rôle réservé à Jennika, clairement l'une de ses chouchous qu'elle anime fort bien et fort intelligemment.
Cette intrigue est fluide, prenante, efficace, avec un bon casting bien animé, et surtout un bon équilibre entre les personnages. L'écriture d'Alopex est fort bien décrit et amené, avec des passages touchants avec Raphaël, mais aussi une bonne écriture d'un Leonardo partagé entre ses devoirs, sa famille et ses aspirations personnelles.
Cela achève ainsi la gestion du quotidien du Quartier Mutant par Sophie Campbell, avec fluidité et émotions réelles, notamment dans les dernières pages.

La deuxième saga est plus cosmique, plus mystique, plus ambitieuse... et plus imparfaite, aussi.
Sophie Campbell a orienté sa prestation sur le quotidien du Quartier Mutant et sur l'ouverture magique, et elle y va à fond ici, sans cependant tout réussir. Elle se concentre sur Donatello et Venus, avec l'intégration de Bob qui sort un peu de nulle part alors qu'il a un grand rôle ici.
La course-poursuite envers le Donatello futuriste est longue, comme cette menace d'Armaggon, qui est un personnage ancré dans l'univers des Tortues Ninja, mais qui paraît étrange et un peu artificielle, parce qu'elle n'a pas été suffisamment préparée auparavant. L'on comprend le projet de montrer que Donatello provoque les catastrophes qu'il veut éviter, mais c'est un peu facile, un peu lourd à lire, un peu redondant dans le principe, et un peu trop centré sur lui, avec ses frères laissés de côté.
Il y a cependant un beau final, qui retombe bien sur ses pieds avec un rôle touchant et déchirant de Venus, et une belle dernière scène ainsi qu'un fort échange entre Donatello et sa mère. C'est ainsi imparfait, plein d'émotions mais bien maladroit car trop lourd et trop massif pour l'espace qui est dédié.

Graphiquement, chaque intrigue a une cohérence dans les dessins mais tout n'est pas idéal.
L'épisode Annual est dessiné par Vlad Legostaev, Santtos et Michael Walsh. L'ensemble est fluide, réussi, bien travaillé dans l'atmosphère, avec un Raphaël futuriste bien croqué, et des confrontations plutôt dynamiques.
La première intrigue est dessinée par Gavin Smith, au style classique, dans l'approche ligne claire (le procédé que l'on évoque pour Hergé, par exemple), et c'est plutôt joli, efficace et très agréable... même si ce n'est pas vraiment dynamique. Les personnages sont figés, l'ambiance souterraine est bonne, mais ça ne bouge pas beaucoup, quand même.
La deuxième saga est essentiellement prise en main par Vincenzo Federici, avec un style très souple, très nerveux, qui correspond bien à la folie mystique et cosmique dans laquelle Donatello est plongée. C'est cependant moins précis, moins détaillé et un peu brouillon, avec néanmoins de jolis chapitres additionnels par Sophie Campbell (superbes retrouvailles familiales sans dialogue), Fero Pe et Dan Duncan.

En bref

HiComics achève la publication de la prestation de Sophie Campbell dans un beau et bon volume, qui plaira aux lecteurs conquis par son approche autant quotidienne que mystique... et qui ne plaira pas à ceux qui n'y ont pas adhéré. La première intrigue achève fort bien son approche du Quartier Mutant et de quelques chouchous, alors que la deuxième saga est plus brouillonne et se perd un peu dans une folie cosmique intense, qui livre néanmoins une jolie conclusion. Un final imparfait mais touchant, avec de beaux dessins et de belles émotions, pour un passage troublant mais remarqué sur la franchise.

8
Positif

Des conclusions réelles, sincères, intelligentes et touchantes aux orientations et aux chouchous de Sophie Campbell.

Une belle cohérence graphique pour chaque intrigue.

Toujours une bonne gestion d'un casting fourni, vivant et émouvant.

Negatif

Les dessins figés de Gavin Smith.

La surexposition de Donatello dans la dernière saga.

Une ultime intrigue brouillonne, trop ambitieuse et trop lourde malgré un joli final.

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