TUMATXA : L'EMISSION ! - EPISODE 8 : Reflet de Wrightson dans une amulette morte

 

Huitième émission de la saison pour « Tumatxa! » !! Pas d’invités cette semaine contrairement à la semaine dernière… mais peut-être en accueillerons-nous un la semaine prochaine..? Chut ! Je n’ai rien dit. En attendant, ce soir, c’est la formule classique, avec un fort beau programme ma foi.

Cinéma, BD, littérature, le tout en musique : tel est le mirifique sommaire du jour.

Pour le cinéma, on est ravis de retrouver le trop rare tandem franco-belge Hélène Cattet/Bruno Forzani, pour leur quatrième et dernier long-métrage en date, « Reflet dans un diamant mort ». Je m’étais mordu les doigts d’avoir raté cette petite merveille visuelle en salle (qu’est-ce que c’est beau), mais on peut se refaire maintenant que le film est disponible par d’autres biais, certes pas dans son écrin optimal (qui reste, donc, la salle de cinéma). Après avoir exploré brillamment et jusqu’à plus soif l’héritage du cinéma populaire italien de la grande époque (avec notamment une brillante régurgitation des codes et principales figures formelles du giallo à la faveur de leurs deux premiers films, « Amer » et « L’étrange couleur des larmes de ton corps »), Cattet et Forzani se penchent cette fois sur le genre plus fantaisiste et décousu de l’Eurospy, ce filon plus européen que proprement italien d’ailleurs qui voit le jour dans le sillage du succès des premiers James Bond, mais en n’oubliant pas de rendre hommage à certains maîtres italiens de la grande époque, Mario Bava en tête. Ce dernier n’est d’ailleurs pas le seul maître de la narration cinématographique à être convoqué, puisque l’ombre du regretté Satoshi Kon plane aussi sur l’écriture alambiquée de cet étrange objet. C’est pas facile facile d’accès, mais c’est incroyablement jouissif sur le plan graphique et sonore, et passionnant à décrypter… Avec le grand Fabio Testi, dans le rôle d’un agent secret (à moins que…?) qui perd un peu la boule et la mémoire.

Pour la BD, hommage à un géant de la BD américaine aujourd’hui disparu, avec un bel album made in Délirium, intitulé « Eerie and Creepy présentent Bernie Wrightson », anthologie consacrée à cet incroyable illustrateur spécialisé dans le créneau de l’horreur, dont le corpus a infusé le travail de pointures à la Guillermo Del Toro ou Mike Mignola. Les courts récits qui composent le sommaire de l’album, qui datent du milieu des années 70, sont issus des pages des magazines Eerie et Creepy, édités par le fameux éditeur Warren Publishing, et constituent des musts absolus dans leur genre. Associé à d’autres dessinateurs comme Carmine Infantino ou Howard Chaykin, ou des scénaristes comme son complice Bruce Jones, Wrightson sublime de son trait ces récits à chute parfois drôles, souvent cruels, systématiquement brillants… sans compter qu’il adapte aussi au passage certains des maîtres absolus du genre, comme Edgar Allan Poe ou Lovecraft. C’est sublime !!!

Pour la littérature, c’est presque désormais une tradition ici que de se pencher sur la dernière entrée en date de la bibliothèque Michael McDowell, chez Monsieur Toussaint Louverture ; cette fois, c’est « L’Amulette » (1979), premier roman publié de McDowell, qui nous intéresse. Il est frappant de voir à quel point la technique littéraire particulière (accessibilité et efficacité maximales) et les thématiques phare de l’auteur de la saga « Blackwater » sont déjà là, presque entièrement perfectionnés à ce stade précoce par l’auteur. Comme souvent, c’est dans un bled paumé du fin fond de l’Alabama que McDowell situe son intrigue, une sombre histoire d’amulette maudite qui se charge de causer des massacres (sur un mode proche de ce que l’on voit dans les « Destination Finale », par exemple), dans une veine très satirique, implacable de noirceur tout de même. C’est très drôle… et très gore.

Le tout est bien entendu bercé de musique douce comme un vent frais du matin : à l’occasion de ses 40 ans, évoquons donc l’implacable « To Mega Therion » de Celtic Frost, en écoutant le conclusif « Necromantical Screams » ; Cattet et Forzani utilisent de la bonne musique dans leurs longs métrages, dont la BO de « Milan Calibre 9 », signée Luis Bacalov et Osanna, on écoute donc « Tema » ; les amerloques de Black Magnet prodiguent un rock/metal indus sacrément puissant, comme en atteste « BIRTH », issu de leur dernier album « Megamantra » ; enfin, on termine avec le très krautrock dans l’esprit « Louhi part 2 », extrait de « Louhi », le dernier album en date des finlandais de Pharaoh Overlord…!!

“You entreated death, the answer will come
Debris of faith, even you are false
Immortal morals, catch up with time
Vault of darkness, filled with hate”

EPISODE 8 !!!

 

 

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