Tumatxa : L'Emission ! : EPISODE 26 : La résurrection absolue des héros à Shinjuku !!

 

Il est là, tout chaud sorti du four, le dernier épisode de « Tumatxa! »… et bien copieux comme on aime, vous le verrez… Mais c’est ce qui fait le charme de cette émission, longue comme un jour sans pain.

Cinéma (d’animation japonais, en l’occurrence), BD (double dose de comic book), littérature (un beau fleuron de la littérature argentine), le tout en musique (avec quelques têtes bien connues de nos services, majoritairement) : tel est le prodigieux programme de la semaine.

Pour le cinéma : à la faveur de la sortie récente dans une belle édition Blu-Ray de son « Demon City Shinjuku » (1988), plongeons-nous donc dans la filmographie du grand et trop peu cité de nos jours Yoshiaki Kawajiri, l’un des quelques artistes responsable du bond qualitatif spectaculaire de l’anime japonaise à la fin des années 80, un « âge d’or » qui se prolongera sur une petite quinzaine d’années. Alors soyons clairs : « Demon City Shinjuku », aussi plaisant et représentatif de l’oeuvre de son auteur qu’il soit, n’est certes pas son chef-d’oeuvre, mais cette histoire de sabreurs magiques qui se battent pour éviter l’avènement des enfers au coeur de Tokyo est suffisamment jouissive pour nous permettre d’évoquer toutes les qualités (et les « tics ») de cinéaste de Kawajiri. Et quel plaisir de toutes les façons que d’évoquer son corpus, de « Wicked City » à « Vampire Hunter D : Bloodlust » en passant par l’inoubliable « Ninja Scroll »… Kawajiri a un peu disparu des radars sans que l’on ne sache trop pourquoi, mais que cela ne nous empêche pas de nous replonger dans les perles qui émaillent sa filmographie.

Pour la BD, c’est donc double rasade de comic book cette semaine, avec deux titres parus chez DC Comics pour la VO, et Urban pour la VF, ces dernières semaines ou mois… et pour le dire de façon lapidaire, deux tueries dans leurs genres !!! A ma gauche, signé Ram V au scénario et Anand Rk aux dessins, « Resurrection Man » (la mini série VO est sous-titrée : « Quantum Karma »), reprise d’un concept des années 90 un peu passé sous les radars, et pourtant doté d’un énorme potentiel : Mitch Shelley est le Resurrection Man, qui meurt puis renaît à chaque fois doté d’un nouveau pouvoir en lien avec la façon dont il est mort… Simple, mais puissant, comme concept. Et Ram V ne se gêne pour l’explorer à fond, de sa géniale idée initiale pour lancer son récit à ses multiples références mythologico-religieuses. Un sacré titre ! A ma droit, « Absolute Martian Manhunter », issu de la collection « Absolute » chez DC qui propose une relecture de certains des titres maisons les plus porteurs. Ici, le Martian Manhunter des origines devient un agent du FBI, John Jones, « hanté » par une intelligence artificielle qui s’unit à lui pour lutter contre les travers les plus tragiques de la psyché américaine contemporaine. C’est brillamment écrit (sacrément prometteur ce Deniz Camp) et merveilleusement illustré par un Javier Rodriguez en feu, dans un déluge chromatique complètement psyché…

Pour la littérature, nous revenons sur le cas d’Adolfo Bioy Casares, dont nous avions évoqué en son temps le génial « L’invention de Morel », qui est un peu l’arbre qui cache la forêt dans le corpus de l’argentin, compère/complice de nul autre que Borges. En effet, « Le Songe des Héros » (1954), son troisième roman qui nous occupe ce soir, n’est pas moins beau et passionnant que son célèbre premier opus. Emilio est un jeune homme qui un soir de beuverie intensive subit une sorte d’expérience mystique extatique (de son point de vue en tout cas) et qui n’aura de cesse de reproduire les conditions qui ont permis cette expérience… à ses risques et périls. Et Bioy Casares de truffer son récit de références mythologiques et d’enclencher une réflexion profonde sur le statut du « héros » à l’heure de la modernité… à la fois poignant et stupéfiant d’intelligence dans son écriture.

Le tout est évidemment assaisonné à la bonne zique comme on aime : Dead Can Dance revient pour une série de singles numériques qui on l’espère augurent d’un nouvel album, et on écoute du coup « Death Cults » ; les norvégiens de Darkthrone déjà évoqués cette saison reviennent avec le bien-nommé et très inspiré « Prehistoric Metal », dont on écoute le pesant « Siberian Thaw » ; Venetian Snares alias Aaron Funk fête les 10 ans de son « Traditional Synthesizer Music » dont est extrait « Anxattack Boss Level19 v3 » ; enfin, on termine en beauté avec un extrait du « Live From Radio City Music Hall » de Heaven And Hell (Black Sabbath avec Ronnie James Dio au chant, donc), pour une version épique du morceau « Heaven And Hell »…!!!

« Heaven is a place I never want to see
You know I’d rather be dead for eternity
I dont need your kind of infinity
A living hell of prolonged cruelty »

EPISODE 26 !!!

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