Tumatxa : L'Emission ! : EPISODE 27 : L’horreur dans tous ses états !!!

 

Emission très spéciale dans le « Tumatxa! » de la semaine !!! Et ce à plus d’un titre : d’une part, ce soir, c’est une émission spéciale « horreur », l’horreur dans tous ses états pourrait-on dire… et d’autre part, j’ai l’immense joie d’accueillir une invitée ce soir, en l’occurrence Fleur Hopkins-Loféron, avec qui nous avions déjà eu la chance de nous entretenir au sujet de son ouvrage « Les Nouveaux Fakirs »… et qui va ce soir, bien sûr, nous parler horreur !!! Et plus spécifiquement « body horror »…

Littérature (avec Fleur, donc), cinéma (avec un retour sur le genre chéri du giallo), BD (une nouvelle petite pépite de chez 404 Graphic), le tout en musique : tel est le génial programme de la soirée.

Pour la littérature, nous avons donc le plaisir de nous entretenir à bâtons rompus avec Fleur Hopkins-Loféron, qui unit ici ses forces à l’écrivaine Morgane Caussarieu pour délivrer un superbe et massif essai, « Génération Body Horror », qui comme son nom l’indique et en quelques 500 pages, s’attelle à la question de l’horreur corporelle. On aurait tôt fait de résumer le genre du body horror au coprus de son pape David Cronenberg et à quelques « héritiers » comme Brian Yuzna, ou plus récemment Julia Ducournau et Coralie Fargeat, mais ce sont là les arbres qui cachent une forêt, ou plutôt un continent, bien plus riche. Morgane et Fleur proposent, outre un tour d’horizon certes pas exhaustif (ce n’était pas l’objet) mais sacrément fourni, une définition du genre à la fois nouvelle et passionnante dans ses implications, esthétiques comme politiques. Du cinéma à la littérature en passant par la BD, plongeons donc ensemble dans les tréfonds du genre pour un essai qui fera date.

Que Fleur soit ici à nouveau remerciée pour sa gentillesse et sa disponibilité, ainsi que pour la passion dévorante et contagieuse qui imprègne ses ouvrages…!!

Pour le cinéma, à la faveur de son exhumation récent via une remasterisation 4K chez Carlotta, évoquons donc un des fleurons du genre Giallo, « La Tarentule au ventre noir », signé non pas par Dario Argento, Mario Bava, Sergio Martino ou Aldo Lado, mais par Paolo Cavara (que l’on connaît plutôt pour son travail dans le genre « mondo », et notamment sur le séminal « Mondo Cane »). Cavara nous livre ici un giallo post-« L’oiseau au plumage de crystal » totalement archétypique (jusqu’à son titre animalier), et en même temps assez original sur certains points, comme ce personnage principal de flic (presque une bizarrerie dans le giallo), à la fois fouillé et attachant, et cette emphase sur la thématique de la modernité urbaine, certes en germe dans le genre par nature mais ici particulièrement saillante… Pour ne rien gâter, le casting est excellent, la musique signée Morricone sublime et le film est graphiquement somptueux.

Pour la BD, un peu de retard à l’allumage pour évoquer « Et lorsque ma vengeance s’abattra sur vous », signé par le tandem Gus Moreno (scénario) et Jakub Rebelka (illustrations), superbe album comme à l’accoutumée paru chez 404 Graphic, après une sortie VO chez Boom Studios. Romancier aux premiers ouvrages remarqués, Moreno s’attaque au genre fort codifié du récit de possession démoniaque/d’exorcisme (avec son tandem d’anti-héros prêtres de leur état) mais réussit le tour de force de se montrer original dans l’exercice. Une gageure dans une discipline « écrasée » par la figure tutélaire de « L’Exorciste » évidemment, le roman comme le film… Et sans surprise, avec Rebelka (soutenu à fond par l’éditeur Nicolas Beaujouan, et on le comprend), c’est absolument magnifique sur le plan visuel.

Le tout est bien sûr fouaillé à la bonne musique comme on aime ici : célébrons tous ensemble les 40 ans (avec 1 an de retard) du « Hell Awaits » de Slayer, avec le vampirique « At Dawn They Sleep » ; les néerlandais de The Gathering tournent avec leur chanteuse « historique » Anneke Van Giersbergen, et du coup on écoute « On Most Surfaces », de leur album « Nighttime Birds » ; Ennio Morricone a pas mal usiné dans le registre du giallo, pour des résultats étonnants, comme en atteste le morceau-titre de « La Tarentula Dal Ventre Nero » ; enfin, on termine en beauté avec l’énorme « Googander », le morceau conclusif du « Alraune » de Thrones, le projet solo de Joe Preston…!!!

« Awakened I have become
Light now slips away
Manipulate your mind
Darkness is my slave »

 

 

EPISODE 27 !!!

Commentaires (0)