Retour vers le passé : Prince des Ténèbres (1987)

 

Horreur
Long métrage américain
Ecrit et réalisé par John Carpenter
Avec Jameson Parker, Victor Wong, Donald Pleasence, Lisa Blount, Dennis Dun, Alice Cooper…
Titre original : Prince of Darkness
Année de production : 1987

Il se dit souvent de certains longs métrages que leurs décors peuvent en être des acteurs à part entière. Dans Prince des Ténèbres, qui marqua le retour de John Carpenter aux petits budgets après l’expérience compliquée des Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, c’est l’ambiance qui peut être considérée comme l’acteur principal du récit. Une atmosphère de plus en plus étouffante et qui s’installe (avec l’aide de la musique composée par John Carpenter et son collaborateur Alan Howarth) dès les premières minutes d’un générique qui s’allonge pour laisser la place à la présentation des protagonistes et du mystère auquel ils vont être confrontés dans le décor quasi-unique (après l’école de ce prologue) d’une église à l’abandon.

C’est donc dès cette entame que sont posées les discussions initiales mêlant physique théorique, théorie atomique et religion, sujets qui intéressaient Carpenter à l’époque et qui alimentent les discussions entre le père Loomis et le professeur Birack, campé par deux acteurs qui avaient déjà travaillé avec le réalisateur, Donald Pleasence (Halloween, New York 1997) et Victor Wong (Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin).

 

 

Sans trop se lancer dans des explications et des interprétations lourdes et incompréhensibles (juste ce qu’il faut pour donner les clés du récit ainsi qu’un contexte scientifique à une rencontre avec un adversaire fantastique), Prince des Ténèbres plonge sa distribution dans un cauchemar éveillé dès qu’ils approchent un cylindre en apparemment hermétique contenant un liquide étrange, essence maléfique et incarnation d’un Satan fils de l’« Anti-Dieu » régnant au royaume de l’anti-matière.

Extrêmement tendu, le métrage prend certes son temps dans sa première moitié (ce qui n’est absolument pas gênant) et monte ensuite en puissance de façon implacable, Big John livrant certaines des scènes-chocs les plus efficaces de sa carrière (rien que le maquillage de la pauvre Kelly me file toujours des frissons, tout comme le jeu de Susan Blanchard). Certaines critiques lors de la sortie du film s’étaient plaintes du fait qu’il n’y a pas vraiment de personnages « sympathiques » dans Prince des Ténèbres et si c’est assez vrai dans un certain sens, je ne vois pas cela comme un défaut.

 

 

Deuxième volet de l’informelle « Trilogie de l’Apocalypse » de John Carpenter, Prince des Ténèbres enchaîne les visions qui procurent un certain malaise, qu’elles viennent de clochards possédés par les émanations du mal, de cauchemars venant de communications temporelles et de flashs d’un monde obscur derrière les miroirs…objet de la vie de tous les jours qui amène pourtant de l’incertitude dans un excellent dernier plan, sur lequel se referme brillamment ce qui reste l’une des meilleures entrées de la filmographie de John Carpenter.

Si l’on connaît la passion de Big John pour Howard Hawks, le réalisateur/scénariste est également un très grand fan de l’auteur britannique Nigel Kneale, Prince des Ténèbres ne manquant pas de clins d’oeil à l’oeuvre de ce dernier, dans les éléments de l’intrigue tout comme pour le pseudonyme utilisé par Carpenter pour signer le scénario, Martin Quatermass (du nom du plus célèbre personnage sorti de l’imagination de Nigel Kneale).

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