Retour vers le passé : L'Orphelinat (2007)

 

Drame/horreur
Long métrage espagnol/mexicain
Réalisé par Juan Antonio Bayona
Scénarisé par Sergio G. Sanchez
Avec Belen Rueda, Fernando Cayo, Roger Princep…
Titre original : El Orfanato
Année de production : 2007

À peine diplômé de l’école de cinéma de Catalogne, Juan Antonia Bayona a débuté sa carrière de réalisateur dans les domaines de la publicité et de la musique. À 20 ans, il devient le principal metteur en scène des clips du groupe OBK et signe également des vidéos pour d’autres artistes espagnols totalement inconnus en ce qui me concerne ainsi que pour le groupe britannique Keane. Suite à cette expérience, il réalise aussi quelques courts métrages et il se sent prêt à passer au long lorsqu’il rencontre au début des années 2000 le scénariste Sergio G. Sanchez qui lui propose un script qu’il tente de vendre depuis quelques années, El Orfanato (L’Orphelinat en V.F.).

 

 

Les deux hommes ont immédiatement partagé les mêmes références (la scène des médiums dans L’Orphelinat renvoie bien évidemment à Poltergeist) et le désir de capturer l’atmosphère du cinéma fantastique espagnol des années 70. La façon dont Bayona filme le décor principal, une grande demeure qui fut autrefois un orphelinat, en est déjà un bon exemple dès les premières minutes. Afin de réunir un budget convenable, J.A. Bayona a convaincu Guillermo del Toro (qu’il avait rencontré dans un festival alors qu’il avait à peine 18 ans) de participer au projet, ce dernier devenant ainsi co-producteur après lecture du scénario.

Lauren (excellente Belen Rueda) retourne dans l’orphelinat de son enfance en compagnie de son mari et de son fils dans le but de restaurer les lieux et d’en faire un établissement pour enfants handicapés. Dès les premiers jours, le petit Simon se met à parler à des amis imaginaires…une situation qui va dégénérer après la visite d’une étrange vieille femme qui se présente comme une assistance sociale, nuit pendant laquelle Simon va découvrir qu’il a été adopté. Le jour de l’inauguration, le petit garçon se dispute avec sa mère et disparaît peu après…

 

 

L’Orphelinat parle des pires choses qui puissent arriver à des parents, à travers le drame d’une mère et d’un père qui réagissent chacun à leur manière à la disparition de leur fils. Le glissement vers le fantastique est progressif et subtil, le réalisateur utilisant habilement les possibilités de son décor, le travail sur le son et privilégiant le plus souvent la suggestion, les manifestations parfois aux limites de la perception pour installer un suspense, une ambiance profondément triste menant à une déchirante révélation finale et à une ultime scène au ton mélancolique qui évoque symboliquement les enfants perdus de l’oeuvre de J.M. Barrie.

Succès au box-office, L’Orphelinat a lancé la carrière de J.A. Bayona, qui a ensuite alterné entre le grand écran (The Impossible, Quelques Minutes après minuit, Jurassic World : Fallen Kingdom…) et les projets télévisuels (notamment en signant les premiers épisodes des séries Penny Dreadful et Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux de Pouvoir).

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