Retour vers le passé : Body Parts (1991)

Thriller/horreur
Long métrage américain
Réalisé par Eric Red
Scénarisé par Eric Red et Norman Smider d’après une histoire de Patricia Herskovic et Joyce Taylor et le roman de Boileau-Narcejac
Avec Jeff Fahey, Kim Delaney, Brad Dourif, Zakes Mokae, Lindsay Duncan…
Année de production : 1991
Les crédits de Body Parts indiquent que le scénario de Eric Red et Norman Smider est inspiré par un autre script adaptant le roman français …Et mon tout est un homme que le duo Boileau-Narcejac a écrit en 1965. Eric Red (qui réalisait là son deuxième long métrage après avoir (co-)écrit les scénarios de Hitcher, Aux Frontières de l’Aube ou encore Blue Steel) a tenu à expliquer qu’il avait travaillé sur une histoire originale mais que les producteurs et les auteurs ont préféré négocier un accord officiel pour éviter des problèmes légaux lorsqu’ils ont découvert les points communs entre les deux histoires (qui parlent toutes les deux de transplantations qui tournent mal).

Et pourtant il s’agit là d’un sujet plusieurs fois exploité dans le genre horrifique, celui d’une greffe dont le donneur se trouve être un criminel exécuté, amenant le greffé à se demander si ses nouveaux membres sont habités par la conscience de leur précédent hôte. L’un des plus vieux exemples étant Les Mains d’Orlac, roman de Maurice Renard publié en 1920 et adapté aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Le personnage principal de Body Parts est Bill Chrushank (Jeff Fahey, Le Cobaye), un psychologue qui travaille notamment en prison auprès de condamnés. Alors qu’il se rend au travail, il est victime d’un accident de voiture (une scène-choc percutante, c’est le moins qu’on puisse dire) et perd son bras.
La femme de Bill accepte qu’il fasse partie d’une chirurgie expérimentale visant à lui greffer un nouveau bras. Ce que le couple ne sait pas (et qu’ils vont apprendre par la suite), c’est que le membre appartient à un serial-killer. Dans un premier temps, Bill apprend à s’adapter à son nouveau bras…mais bientôt il est assailli par des visions étranges et il devient plus colérique. Lorsqu’il commence à s’en prendre à sa famille, Bill préfère s’éloigner et contacter les autres bénéficiaires des « parties » du corps du tueur, un sportif et un peintre campé par Brad « Chucky » Dourif.

Pendant la première heure, Eric Red déroule un suspense aussi classique que solidement interprété. C’est plutôt bien fait (dans les limites du budget et des délais de tournage serrés) mais il y a tout de même peu de surprises dans cette variation sur un thème connu qui aurait mérité un peu plus de folie dans son traitement…ce qui arrive enfin dans un dernier acte qui opère un virage dans sa tonalité et ajoute un aspect « frankensteinien » à l’ensemble grâce à l’arrivée d’un nouveau protagoniste. Un final plus rythmé (avec une bonne scène de poursuite en bagnole) et saignant (dans une sorte de version moderne d’un laboratoire de savant fou) pour cette série B certes inégale mais bien prenante quand les choses s’accélèrent…
Body Parts n’a pas connu le succès au box-office et a même été au centre d’un petit bad buzz lorsque le studio Paramount a décidé de retirer toute promotion dans le Wisconsin après la découverte par la police de corps démembrés dans l’appartement de Jeffrey Dahmer. Suite à cet échec, Eric Red a attendu cinq ans pour se lancer dans un nouveau projet, le bon film de loup-garou Pleine Lune.


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